Jouer la montre
Une exposition personnelle de Mona Benyamin
21 mai - 27 septembre 2026, vernissage public le mercredi 20 mai de 17h à 22h
R4, Friche la Belle de Mai
Une exposition conçue et produite par Triangle-Astérides, co-produite par la coopérative La Friche la Belle de Mai et B7L9, centre d’art contemporain de la Fondation Kamel Lazaar
Dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026
À l’occasion de sa première exposition personnelle, Mona Benyamin présente à Marseille le volet inaugural d’un diptyque filmique inédit ainsi que trois œuvres vidéo antérieures.
Comme une invitation à entrer en mouvement, un rythme étrangement familier se diffuse dans l’espace d’exposition. Soutenu par le bourdon d’un violoncelle et le claquement d’une caisse claire, il se mue progressivement en une boucle répétitive. Tour à tour, puis en chœur, les voix de douze interprètes dont le visage n’est jamais dévoilé se superposent. Leur présence spectrale fait écho à celle, incarnée, de deux figures récurrentes dans les films de Mona Benyamin : ses parents. Michel et Nahia Benyamin sont tantôt stars de sitcom, de clip musical, de journal télévisé ou de film d’horreur.
S’inspirant de codes télévisuels qu’elle détourne, Mona Benyamin joue de registres comiques et tragiques pour raconter les récits de dépossession et de transmission intergénérationnelle des mémoires et traumas liés à l’expérience collective palestinienne. Le rire, pour l’artiste comme pour ses protagonistes, agit comme une potentielle stratégie d’adaptation et de survie psychologique face aux traumatismes de la Nakba.
Dans l’installation inédite Dress Rehearsal (2026), Mona Benyamin se détache de la forme narrative et propose sur un tout autre ton « d’aliéner le Boléro » du compositeur Maurice Ravel. Musique de ballet du XXème siècle, le Boléro est ici réarrangé pour un groupe de choristes selon une gamme mineure, troublant l’expérience esthétique et corporelle d’un monument musical de la culture occidentale que l’artiste plie aux sons de la musique arabe. Les premières notes déclenchent l’action. À l’image, ses parents montent puis descendent un escalier en spirale jusqu’à l’épuisement, pris·es au piège de ce crescendo dissonant, symbole d’une culture hégémonique étouffante.
Rejouant le refrain et sa répétition, de larges pans de rideaux noirs dessinent dans l’exposition une scénographie en spirale, au sein de laquelle se mêlent son, langage et histoire. Dans cette temporalité aux contours indéfinis, l’humour est une stratégie aussi esthétique que politique, un « espoir qui commence au présent et se projette dans le futur. »
Curatrices : Line Ajan (curatrice invitée) et Camille Ramanana Rahary (curatrice associée)
Production : Camille Ramanana Rahary
Régie technique et montage : John Girard, Crao Man, Caroline Selig
Médiation : Capucine Tible, Key Soulié
Agent·es d’accueil et d’exposition : Youmna Ali, Aude Bourhis, Tatiana Calderon Ellis, Elsa Gasnault, Rachid Hogas, Charlotte Kinon, Agathe Mirafiore, Yoen Murray Burke, Romane Philippe, Souvenir Sitty Bahiya, David Soriano, Mia Suau Annabelle Verhaeghe