Ruling ‘n’ Freaking
Une occurrence du projet K. Acker : The Office, une exposition et un programme de conférences, performances et lectures autour de l’œuvre de Kathy Acker.
Commissariat par Dorothée Dupuis et Géraldine Gourbe
23 avril - 11 juin 2011, vernissage public le 22 avril 2011, à 18h30
Galerie de la Friche La Belle de Mai, 2ème étage de la Tour, 41 rue Jobin, 13003 Marseille
Exposition de Kathy Acker avec Gabriel Abrantes & Katie Widloski, Pauline Boudry & Renate Lorenz, Ellen Cantor, Salma Cheddadi, Brice Dellsperger, Gloria Friedmann, Regina Jose Galindo, Monica Majoli, Bjorn Melhus, Lorraine O’Grady, Mika Rottenberg & Marylin Minter, Karine Rougier, Caroline Sury, et Jean Luc Verna
Conférences et performances tous les Jeudi pendant la durée de l’exposition par Fabienne Audéoud, Rosi Braidotti, Louise Briggs, Catherine Corringer, Dorothée Dupuis, Christophe Fiat, Géraldine Gourbe, Gabriela Jauregui, Anne Kawala, Elisabeth Lebovici, Sylvère Lotringer, Laurence Viallet et Matias Viegener
K.Acker: The Office est une plateforme de travail réunissant deux personnes aux compétences situées, Dorothée Dupuis, commissaire d’exposition, et Géraldine Gourbe, philosophe, et opérant depuis, par et à travers les univers romanesques de l’auteure Kathy Acker. Écrivaine juive américaine, proche de William Burroughs, elle a fortement influencé de façon aussi ouverte que souterraine nombre d’artistes et d’auteurs de sa génération et sûrement d’autres plus proches de nous.
L’exposition Ruling ‘n’ Freaking, occurrence du projet K.Acker : The Office, est conçue comme un protocole d’évocation destiné à invoquer les différentes « voix » d’Acker construisant des réalités parallèles autour d’elles : les plagiats d’auteurs reconnus, les retours narratifs vers le futur, les fables mythologiques à la tonalité anticipatrice, les jeux de rôles entre humains et post-humains, l’identification d’une juive américaine à des codes pédés, la violence sexuelle et affective entre partenaires hétérosexuels ponctuée des chants de riotgirl, un mysticisme punk teinté de conscience politique depuis Herbert Marcuse à Kate Millet, le souci du contrôle de soi et les multiples formes de dépendance qu’il distille.
Le projet dans son ensemble révèle des frictions, des aspérités, des concrétions depuis l’espace mental d’Acker et favorise leur contamination virale dans d’autres récits, des savoirs, des formes et des espaces légitimes ou non encore à déplacer, reconfigurer ou hacker.
Les œuvres montrées sont aussi les incarnations sensibles de l’intérêt présent des artistes pour les formes de l’autofiction et de l’onirisme comme vecteurs de reconfiguration politique du réel par ses représentations. A contrario d’un simple rôle illustratif, elles catalysent les agents actifs des protocoles d’appropriation en vigueur dans les pratiques actuelles, à la lumière desquelles l’œuvre ackerienne se réinvestit d’une contemporanéité troublante.